Forêts, emplois locaux et marchés publics : comment l’engagement environnemental crée de la valeur sociale
À partir du 22 août 2026, les marchés publics devront intégrer un critère environnemental, mais la loi Climat et Résilience porte aussi un volet social souvent moins connu. Pour les entreprises comme pour les acheteurs publics, la restauration forestière illustre bien comment un même projet peut cocher les deux cases à la fois : préserver un écosystème et créer de l’emploi sur un territoire.
Quand on parle d’appels d’offres publics et d’environnement, on pense d’abord aux tonnes de CO2 évitées ou aux hectares de forêt protégés. On pense moins souvent aux personnes qui, sur le terrain, plantent, entretiennent et suivent ces écosystèmes. Pourtant, c’est précisément ce volet social qui donne à un engagement environnemental toute sa crédibilité, et qui répond à une exigence légale encore peu anticipée par les entreprises candidates aux marchés publics.
Le volet social des marchés publics, un angle mort de la réglementation
L’article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et Résilience, ne se limite pas à imposer un critère environnemental. Pour les marchés dépassant les seuils européens, elle prévoit également des conditions d’exécution à caractère social, notamment en faveur de l’insertion professionnelle et de l’emploi des personnes défavorisées. Autrement dit, un acheteur public peut, et parfois doit, évaluer une offre aussi sur sa capacité à générer de la valeur sociale sur le territoire concerné.
Cette dimension change la donne pour les entreprises qui répondent à ces marchés. Un projet environnemental qui ne crée aucun emploi local, ou qui reste purement compensatoire sur un territoire lointain, répond mal à cette double exigence. À l’inverse, un projet qui associe restauration écologique et travail local coche les deux critères en une seule action.

La forêt, un terrain qui associe naturellement écologie et emploi
Contrairement à d’autres formes de compensation environnementale, la gestion forestière repose structurellement sur une chaîne de métiers locaux : pépiniéristes, entrepreneurs de travaux forestiers, gestionnaires, écologues chargés du suivi de biodiversité. Un hectare planté ou restauré ne se limite pas à un chiffre de séquestration carbone, il mobilise des équipes sur plusieurs années, de la préparation du sol au suivi de la reprise des plants.
Les projets de restauration d’écosystèmes forestiers illustrent bien ce lien. Dans la forêt de Langoëlan, dans le Morbihan, la restauration de cinq hectares de zones humides et la création de quatre mares pour les amphibiens et les odonates s’accompagnent d’un monitoring et d’un suivi de long terme, donc d’un travail continu sur le territoire plutôt que d’une intervention ponctuelle. Le même principe s’applique aux projets de boisement finançables via le Label Bas Carbone, où chaque hectare planté génère de l’emploi local en plus de sa séquestration carbone certifiée.
| Projet | Localisation | Bénéfices écologiques | Dimension emploi local |
|---|---|---|---|
| Restauration d’écosystème | Champeau-en-Morvan (Côte-d’Or) | Deux mares forestières, arbres-habitats préservés, haie mellifère | Ateliers pédagogiques, suivi terrain continu |
| Restauration d’écosystème | Ajoux (Ardèche) | Stabilisation de berges, restauration de cours d’eau, îlot de sénescence | Travaux de génie écologique sur plusieurs saisons |
| Restauration d’écosystème | Langoëlan (Morbihan) | 5 hectares de zones humides, 4 mares pour amphibiens et odonates | Monitoring et suivi long terme |
| Boisement Label Bas Carbone | Bouère (Mayenne) | 1 988 tCO2eq séquestrées, plantation de forêt mélangée (8 essences) | Emploi local sur la plantation et l’entretien |
| Boisement Label Bas Carbone | Roussac (Haute-Vienne) | 6 060 tCO2eq séquestrées, forêt mélangée (6 essences) | Emploi local sur la plantation et l’entretien |
| Reboisement post-tempête | Plouyé (Finistère) | 723 tCO2eq séquestrées, reboisement post-tempête Ciaran | Création d’emplois locaux sur le chantier |
Ce tableau ne représente qu’un échantillon des projets forestiers financés par les entreprises en France, mais il montre une constante : chaque hectare géré durablement s’accompagne d’un travail humain mesurable, pas seulement d’un chiffre carbone.
Pourquoi cet argument compte dans un mémoire technique
Pour une entreprise qui répond à un appel d’offres public, savoir démontrer cette dimension sociale n’est pas un supplément d’âme, c’est un argument technique à part entière. Un mémoire technique qui associe restauration environnementale et création d’emploi local répond simultanément au critère d’attribution environnemental et au volet social prévu par la loi pour les marchés au-dessus des seuils européens.
C’est aussi un argument qui résiste mieux à l’examen des acheteurs. Un engagement purement carbone, déconnecté du territoire, peut être perçu comme une simple compensation financière. Un engagement qui génère de l’emploi local, avec des équipes identifiables et un suivi dans la durée, s’apparente davantage à un investissement territorial qu’à un geste de communication.
C’est dans cette logique qu’EcoTree, entreprise forestière qui gère des forêts en France et en Europe selon les principes de la sylviculture durable, développe ses projets au bénéfice des écosystèmes, des filières locales et de ses partenaires entreprises. À travers son partenariat avec Start People, EcoTree ancre également certains de ces projets forestiers dans une logique d’engagement collaborateur et d’emploi local, en cohérence avec les attentes des donneurs d’ordres publics sur ce volet social.
La commande publique change de visage, et cette évolution ne se limite pas au carbone ou à la biodiversité. Le volet social de l’article 35 rappelle qu’un engagement environnemental crédible se mesure aussi à sa capacité à créer de la valeur sur un territoire, pour les personnes qui y travaillent. Pour les entreprises qui préparent leurs réponses aux marchés publics de demain, associer restauration forestière et emploi local n’est donc pas seulement un choix éthique, c’est un argument technique qui répond à deux exigences réglementaires en une seule action.
FAQ
Non, les conditions d’exécution à caractère social visées par la loi Climat et Résilience s’appliquent principalement aux marchés dont le montant dépasse les seuils européens.
Oui, dès lors que le projet génère un impact écologique mesurable (surface restaurée, carbone séquestré) et une activité locale identifiable (plantation, entretien, suivi de terrain).
Parce qu’elle repose sur une chaîne de métiers concrets, préparation du sol, plantation, entretien, suivi écologique, répartis sur plusieurs années, alors qu’une compensation purement financière ne mobilise pas nécessairement de main-d’œuvre locale.
En documentant précisément le lieu du projet, la durée d’engagement et la nature du travail local généré, plutôt qu’en se limitant à un chiffre carbone global.
